Altersportifs 2009 : André Agassi et Caster Semenya, deux « victimes » du sport moderne. Et un voeu pour 2010 : effacer les records.
Ouf, 2009 prend fin. Année un peu pourrie sur le plan sportif. On a retrouvé les grands classiques, le dopage dans le cyclisme, la folie dépensière dans le foot, la corruption et les matchs truqués, on a confirmé la mort du fair-play avec la main d'Henry, et on a assisté à une année blanche pour les athlètes français. Une nation, longtemps condamnée au beau jeu sans résultat, a remporté la mise : l'Espagne. Coupe Davis, Euro 2008 (je sais j'ai un an de retard là), Champions League, Euro de basket, Tour de France, ils raflent tout les Espagnols, en tout cas chez les garçons. Bravo, c'est mérité. Espérons simplement que cela n'est pas la marque d'un dopage généralisé, et que la rumeur selon laquelle l'affaire Puerto pourrait rebondir en 2010 et épingler de grandes stars du sport espagnol est infondée.
Comme c'est de coutume, il me faut choisir les sportifs les plus méritants de l'année. L'Equipe a fait fort cette année en élisant encore une fois Sébastien Loeb sportif français de l'année! Pour la deuxième année consécutive! C'est dire l'état de déliquescence du sport français... Pour ma part j'ai retenu mes deux altersportifs de l'année écoulée : André Agassi et Caster Semenya.
Le « kid de Las Vegas » est en effet enfin devenu un adulte en 2009, avec la parution de son autobiographie (Open). Agassi y raconte qu'il a été privé d'enfance par un père autoritaire, boxeur de seconde zone, qui l'a martyrisé pour en faire un champion, l'envoyant aux travaux forcés chez Nick Bollitieri, une vraie crapule qu'il faudra juger un jour celui là! Tennis je te hais, écrit en substance Agassi. Un témoignage fort, rare et important qui rappelle que de nombreux sportifs de haut niveau détestent leur sport, source de frustrations et de souffrance. A méditer...
Caster Semenya est l'autre alterathlète de l'année. Une autre victime du sport spectacle... Exposée malgré elle comme une bête de foire, la championne du monde du 800 mètres a dû subir les moqueries des beaufs du monde entier, ravis de disserter sur ses mensurations et ses menstruations. Soumise par la fédération internationale d'athlétisme à un test de féminité comprenant pas moins de 5 critères d'ordres anatomique, biologique et psychologique, Caster Semenya a eu droit à une sévérité réservée d'ordinaire aux plus grands tricheurs! Espérons que cette triste affaire retombera bientôt, qu'on laissera Caster Semenya courir chez les filles, que l'athlète bénéficie ou non d'un bonus hormonal naturel hors du commun chez les sportives.
Et enfin un voeu pour 2010 : qu'on remette à zéro les compteurs des records... Car nombre d'entre eux ne veulent plus rien dire... comme par exemple le record du monde du 800 mètres féminin justement, qui date de 1983 et demeure en possession de la Tchécoslovaque Kratochvilova. Personne n'y croit à ce record, mais il tient bon! Effaçons les tablettes, effaçons les records! Mieux même, finissons en avec cette notion de « record ». Peu importent les temps que réalisa Zatopek (et d'ailleurs qui s'en souvient), ce qui reste, ce sont ses victoires!
En 2009, plusieurs centaines de records du monde ont été battus en natation... une vraie mascarade... Et les chronos d'Usain Bolt ont suscité autant de suspicion que d'enthousiasme. 2009 fut vraiment une année de tous les records, espérons que ce soit la dernière.
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dimanche 3 janvier 2010
2009, (dernière) année de tous les records
Rubriques: athlétisme, genre, records, tennis
jeudi 10 septembre 2009
Foot féminin: un jour on s'y mettra
Vous le saviez vous que les Françaises ont atteint les quarts de finale de l'Euro 2009 de foot féminin? Moi non... C'est au détour d'un article sur Rue89, consacré aux lesbiennes dans le sport, que je l'ai appris... C'est bien triste... En France, le foot, bien plus que les autres sports collectifs, a du mal à laisser aux filles la place qu'elles méritent. Au Etats-Unis, le soccer féminin est le sport d'équipe numéro un chez les étudiantes. Résultat, les matchs du championnat universitaire US sont diffusés à la télé! On croit rêver. Autres nations phares : les pays scandinaves, l'Angleterre, l'Allemagne et... la Corée du Nord. Les succès des filles de Pyongyang ont d'ailleurs servi de modèle aux garçons, qui viennent quant à eux de se qualifier pour la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud...
Si le foot féminin ne fait pas recette en France, c'est que ce sport serait associé à l'homosexualité présumée de leurs pratiquantes. Et les lesbiennes feraient peur aux sponsors et aux spectateurs. Seulement voilà, personne n'a jamais démontré qu'il y avait plus de lesbiennes dans le foot que dans le hand ou le basket... Et dans ces sports justement, le public répond présent quand les filles font des résultats. Regardez Bourges par exemple : les Tangos, l'équipe féminine de basket, sont la fierté de la ville. Plus de 2000 spectateurs à chaque match. Et un nombre incalculable de titres, en France bien sûr, mais aussi en Europe.
La faute, c'est celle des médias. Le public français pourrait s'intéresser au foot féminin, comme il s'est mis au tennis féminin, au hand féminin ou à la natation féminine. Il n'y a pas de raison... Mais les médias français ne jouent pas le jeu. Il faut se connecter à Europsort, dans les méandres du paysage audiovisuel, pour espérer suivre l'euro féminin de Finlande... Et là, devant ma télé, pour la finale Allemagne – Angleterre, le commentateur d'Eurosport paraît peu impliqué... (en fait je suis même sûr qu'il n'est pas sur place en Finlande, mais qu'il commente devant sa télé, comme cela se fait de plus en plus sur la TNT...)
Bon allez je vous laisse, les Anglaises viennent de réduire le score face aux Allemandes. 2-1 pour la Mannschaft, mais rien n'est encore joué. Un super match... Alors vous comprendrez que j'ai autre chose à faire que de transmettre sur Internet mes états d'âme sur le sport féminin...
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jeudi 18 décembre 2008
Le sport français est-il macho ?
Le sport féminin français est déprimé. A qui la faute ? Au machisme ambiant de la société ? Ou à des causes plus systémiques ?
Il est de bon ton, en France, de se moquer du modèle américain, de son prétendu « communautarisme ». Pourtant, il y a bien un domaine où les Etats-Unis ont des leçons à nous donner : le sport féminin !
Les Américaines, aux derniers JO de Pékin, ont non seulement conservé leur titre en football et dominé de la tête et des épaules la compétition de basket, mais elles ont aussi créé la surprise en volley en arrachant l’argent. Au final, les Américaines ont totalisé 53 médailles, seulement 4 de moins que les Chinoises.
Côté Françaises, Pékin, c'était Waterloo morne plaine. 7 petites médailles. Soit à peine 17% de l'ensemble des médailles tricolores. Une situation qui devrait inquiéter notre sous-Ministre Laporte. On sait bien que ce qui l'intéresse lui, c'est les résultats, les médailles, les titres, les sacres. Pas l'éducation sportive populaire, non, mais plutôt l'élite. Eh bien l'élite féminine française est aujourd'hui mal en point. Les Flessel, Manaudou, Pérec et Mauresmo n'ont pas encore trouvé d'héritières.
Alors aidons Laporte à reconstruire le sport féminin français et jetons un œil outre-Atlantique, si vous le voulez bien. Là bas, dans les universités, qui constituent le creuset du sport d’élite, s’applique ce qu’on appelle le Title IX (prononcez title nine). C’est un amendement de non-discrimination voté en 1972. Il a en fait essentiellement été appliqué dans le milieu du sport universitaire. Le Title IX stipule que les hommes et les femmes doivent se voir accorder les mêmes opportunités de pratique sportive, à tous les échelons. Concrètement, pour la plupart des disciplines, le sport féminin est financé à même hauteur que le sport masculin. D’où, par exemple, la domination incontestée des Américaines dans le soccer mondial.
Et en France alors ? Un chercheur de l’INSEP, cité par la Croix, relève que la pratique sportive des Françaises serait globalement en recul, notamment dans les banlieues chez les adolescentes. Sous-entendu que le machisme ambiant dans les cités et l’influence grandissante d’un Islam conservateur imposeraient aux jeunes filles une pudeur incompatible avec une pratique sportive. C’est peut-être pas faux… Un colloque sera d’ailleurs organisé à ce sujet à Aubervilliers en janvier...
Mais le machisme de la société est un coupable un peu facile... Car chez le spectateur le sport féminin a le vent en poupe. Tennis, hand, athlé, judo : nombreuses sont les disciplines où la compétition féminine internationale, jugée plus gracieuse que la masculine, a acquis au fil des ans ses lettres de noblesse télévisuelles.
Il faut plutôt chercher des causes systémiques à la dépression du sport féminin français. Du côté des dirigeants et des entraîneurs, peu de places sont en effet laissées aux femmes. En France, seulement 14% des cadres techniques sportifs sont des femmes, selon l’INSEP.
Et regardez les principales fédérations. En connaissez-vous une qui ait déjà été dirigée par une femme ? Foot : Jean-Pierre Escalettes ; basket : Yvan Mainini ; hand : Joël Delplanque ; athlétisme : Bernard Amsalem ; natation : Francis Luyce ; judo : Jean-Luc Rougé. Et tous ces mâles bien blancs, et d’autres encore, forment ensemble notre Comité National Olympique. Avec le succès qu’on lui connaît. Alors rêvons... d'une nouvelle présidente, en lieu et place du vaillant Henri Serandour... Cela ferait peut-être le plus grand bien au Comité Olympique Français, un peu comme au Medef… Si une femme (Laurence Parisot) a réussi à détrôner le Baron Sellières, il est temps qu’une femme, enfin, succède aux mâles héritiers du Baron de Coubertin…
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Rubriques: genre
lundi 17 novembre 2008
SMS homophobe : Nicollin coupable, Thiriez complice
Une action politique s’impose : virer immédiatement Laurent Nicollin du CA de la Ligue de Football Professionnel.
« Mais ils sont oùùùù, mais ils sont oùùùù la LFP, la la la la la laaa » ai-je envie de chanter. Car un silence assourdissant règne du côté de Frédéric Thiriez, président de la Ligue de Football Professionnel, depuis la révélation de l’affaire du SMS homophobe.
Rappel des faits : Laurent Nicollin, fils du légendaire Loulou, le patron de la collecte des ordures ménagères, a hérité des rênes du Montpellier Hérault Sport Club et du langage ordurier de son père. A la Paillade, en son temps, Loulou était, aux côtés de Claude Bez et Bernard Tapie, l’incarnation du beauf devenu patron de club, de mauvaise foi permanente et insultant sans cesse les arbitres. Laurent Nicollin, le fils, vient quant à lui de s’illustrer en envoyant à un membre du staff montpelliérain, avant un derby contre Nîmes, un SMS choc qui l’exhortait en ces termes à la victoire : « On va les enculer ces PD de Nîmois ». Manque de pot, le destinataire du SMS s’est fait coffrer quelques jours plus tard pour violences contre les supporters nîmois et le SMS vient d’être rendu public lors de son procès.
Et c’est là que l’affaire devient intéressante. Nicollin-fils présente ses excuses en ces termes : « J’ai commis l’erreur d’utiliser un langage supporter pour convaincre mon interlocuteur (…). J’étais stressé et pressé, mon souci était d’assurer le destinataire d’une volonté de victoire. » Whaouh, belle explication de texte. En clair, Laurent Nicollin présente ses excuses aux Nîmois, mais à aucun moment il n’a une pensée pour les personnes homosexuelles qui auraient pu être choquées par ses propos.
Que fait la police, c’est-à-dire la Ligue ? En l’occurrence, rien. Alerté, entre autres, par le club Paris Foot Gay, l’avocat Frédéric Thiriez, d’habitude si prompt à dénoncer les injustices quand on s’attaque à son pactole, reste muet. Il faut dire que Laurent Nicollin est membre du CA de la LFP…
« Shame, shame, shame », ai-je maintenant envie de crier, à la manière des militants de Act-Up, à l’encontre de Frédéric Thiriez. La Ligue a pourtant signé récemment une Charte contre l'Homophobie dans le Football. L’affaire du SMS de Nicollin était enfin l’occasion d’agir de manière concrète.
Il y a quelques mois, la sortie de Sexus Footballisticus, du journaliste Jérôme Jessel, fut une autre occasion manquée de questionner frontalement l’homophobie de règle, à tous les échelons, dans les clubs amateurs et pros de football.
Ras le bol de manquer des occases toutes faites… A l’heure où Roselyne Bachelot, Ministre de la Santé et des Sports, lance une nouvelle campagne contre l’homophobie, intitulée « le regard des autres », il faut maintenant « scorer » et marquer les esprits. Une action politique s’impose : virer immédiatement Laurent Nicollin du CA de la Ligue de Football Professionnel.
PS : le logo en vignette, c’est celui de la International Gay and Lesbian Football Association, qui organisera sa coupe du Monde en 2009 Washington (voir aussi les Gay Games qui auront lieu en 2010 à Cologne)
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