Le problème quand on fait un blog, c’est qu’au bout d’un moment on se répète… Là cette semaine, c’est le palmarès des sportifs français les mieux payés qui vient d’être publié : Thierry Henry, Sebastien Loeb, Karim Benzema, tous dépassent les 7 millions d’€ annuels. C’est scandaleux, c'est indécent, mais personne n’y prête attention. Certes, d’après un sondage de M6 présenté au JT hier, 86% des Français trouvent que les sportifs de haut niveau gagnent trop d’argent, mais on n’a pas entendu grand monde applaudir quand Roselyne Bachelot, contre l’avis de Rama Yade, a supprimé il y a quelques mois le DIC, une niche fiscale taillée sur mesure pour les footballeurs de Ligue 1. L'espace médiatique a été occupé par Aulas and co, qui, une fois encore, ont râlé contre la fiscalité trop élevée en France...
Et lorsque Sarko a évoqué le sujet des revenus des sportifs lors de son dernier one man show sur TF1, personne n’a vraiment relevé non plus. Pendant ce temps, les grands patrons (à juste titre) font l’objet de toutes les critiques. Pourtant, quand on compare leurs revenus annuels à ceux de Thierry Henry (18 millions d’€), aucun d’entre eux ne fait le poids. Le patron le mieux payé de France, Bernard Arnault , touche 16 millions d'€ par an, soit 2 millions de moins que Thierry Henry. Certes Bernard Arnault, me direz-vous, a une fortune personnelle estimée à plusieurs milliards. C’est vrai. Mais le paquet de biffetons amassés par Titi commence à avoir de la gueule lui aussi. Et à titre de comparaison, le « pauvre » cumulard Henri Proglio, qui s’est retrouvé au milieu d’une polémique politique l’année dernière, toucherait dans les 2-3 millions par an.
Pourquoi si peu de haine ? Il paraîtrait que la réussite financière des sportifs nous importune moins qu’elle ne nous fait rêver : ces gamins des cités ou des classes moyennes qui percent dans le foot, ca pourrait être notre fils ou notre neveu demain ou après demain. Les salaires mirobolants de Zidane, Ribéry ou Henry sont perçus comme une forme de redistribution des richesses. C’est pourtant tout l’inverse : ils enferment les jeunes des quartiers pauvres dans l’idée que seul le sport est la voie du succès pour eux.
Les solutions sont connues, maintes fois évoquées ici ou là, jamais mises en place, même à titre provisoire. Il nous faut rapidement un salary cap, un plafonnement des salaires des joueurs de football en Europe. On doit supprimer d’urgence les exemptions fiscales scandaleuses pour les sportifs, en particulier en Espagne, en Angleterre et en Italie, véritables paradis fiscaux pour sportifs. Enfin, il est temps de libérer le foot et le sport pro de l’emprise des sponsors et de leur argent facile.
Le problème quand on fait un blog, c’est qu’au bout d’un moment on se répète…
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dimanche 14 mars 2010
Salaires indécents, bis repetita
Rubriques: salaires-revenus
samedi 5 décembre 2009
Tobin or not Tobin
L'UNESCO propose de lever une mini-taxe sur les ligues et la FIFA pour financer l'éducation pour tous. C'est bien. Une véritable taxe Tobin sur les transferts, ce serait encore mieux.
La cérémonie du tirage au sort a donné le ton : la prochaine coupe du Monde promet d'être un délire ultra-sécurisé de paillettes et de sponsors. On sera pourtant dans l'un des pays les plus inégalitaires du monde, l'Afrique du Sud, et on fera tout pour cacher la misère sociale dans les townships périurbains ou les villages isolés du pays. Le contraste est flagrant.
La Coupe du Monde est une occasion en or pour demander aux richissimes instances du foot, FIFA et UEFA en tête, de contibuer un peu à la solidarité internationale, en particulier en direction du continent africain.
C'est l'UNESCO qui a tiré la première : elle demande l'instauration d'une taxe de 0,4% sur les recettes publicitaires que collectent la FIFA et les 5 principales ligues nationales de foot (Angleterre, Italie, Espagne, Allemagne, France). Les revenus de ce nouvel impôt seraient destinés à renforcer l'éducation en Afrique. Il rapporterait quelque 48 millions de dollars par an.
La Fifa fait un peu la gueule. Là il s'agit de payer, de passer aux actes. Fini pour la FIFA le temps où elle se contentait d'amuser la galerie avec la campagne One Goal, une espèce de tour d'honneur de stars du foot et show biz en faveur de l'éducation pour tous. La Premier League n'est pas plus emballée... Mais je sens qu'il y en a un qui va saisir la balle au bond, c'est notre Frédo Thiriez national. Ca ne métonnerait pas que l'avocat de la Ligue 1 nous livre un discours enflammé sur les rapports Nord-Sud, et qu'en contrepartie de son engagement à adopter la taxe UNESCO, il en appelle à nouveau à alléger les charges fiscales sur les joueurs de foot évoluant en France. Bref, la taxe UNESCO passera en France, mais la Ligue en profitera pour exiger un rétropédalage sur le Droit à l'Image Collectif (DIC), cette niche fiscale pour footballeurs millionnaires supprimée à fort juste titre il y a quelques semaines. Ce serait un comble, mais c'est un scénario plausible.
Pourtant l'UNESCO met les formes, elle minimise, elle parle de prélèvement(«levy») et pas de taxe, comme si ce terme était honteux... Dans l'idée de l'organisation onusienne, il s'agit de financer l'un des 8 Objectifs du Millénaire pour le Développement (la scolarisation universelle en 2015) et non pas de réguler le foot. C'est ce qu'on appelle un financement innovant, à l'image de la taxe sur les billets d'avion qui permet aujourd'hui d'acheter des médicaments contre le sida, le paludisme et la tuberculose. Dans le milieu de la solidarité internationale, une autre idée, proche de celle de l'UNESCO, est en train de faire son bonhomme de chemin : une taxe sur les transactions financières. Dans l'un comme dans l'autre cas, il s'agit de taux de prélèvement minimes (0,4% des recettes pour la taxe UNESCO/FIFA, 0,005% des transactions financières pour la taxe proposée par Kouchner), bref d'une imposition relativement indolore. On est loin de l'idée de la fameuse taxe Tobin qui a elle pour objectif de dissuader la spéculation par des taux d'imposition élevés. Dans le cas des projets UNESCO et Kouchner, on est dans la charité, pas encore dans la régulation.
Pourtant, on le sait et on le répète, le foot mondial est une bulle spéculative qui a résisté à la crise financière. 94 millions d'euros pour le transfert de Christiano Ronaldo au Real, avec à la clé un endettement intenable pour le club madrilène, si ça ça n'est pas de la spéculation, c'est que je n'y comprends plus rien. Mais de taxe Tobin sur les transferts, personne n'en parle. Elle est pourtant souhaitable et faisable : on pourrait envisager que la plus-value sur la revente d'un joueur soit lourdement taxée au moyen d'un impôt à taux progressif. Ce serait dissuasif et régulateur. C'est d'autant plus faisable que le marché des transferts, a défaut d'être transparent, est très visible. L'évasion fiscale serait difficile.
La lutte contre la pauvreté a besoin de financements innovants. Le projet UNESCO proposé à la FIFA s'inscrit dans ce cadre. Très bien. Mais la régulation du foot business, elle, passe par des politiques fiscales et salariales plus dures : le plafonnement des salaires (salary cap) d'abord, régulièrement évoqué, jamais appliqué ; le maintien d'une fiscalité nationale de droit commun sur les salaires des sportifs (=pas d'exemptions fiscales pour les joueurs de foot au prétexte qu'ils seraient des artistes d'exception ou je ne sais trop quoi) ; et une taxation lourde des excès du mercato, au moyen d'une sorte de taxe Tobin sur les plus-values générées par les transferts de joueurs.
Je rêve, je sais, je ne me nomme pas AlterSport pour rien.
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Rubriques: Afrique, foot, salaires-revenus
samedi 7 novembre 2009
Démarquée ? Non, hors jeu...
Se démarquer? Tout un savoir-faire. Seul un petit nombre de renards des surfaces, de Gerd Müller à Pipo Inzaghi, sont passés maîtres dans cet art. Je ne sais pas si ces illustres avant-centres inspirent Rama Yade, mais notre Secrétaire d'Etat aux sports vient une nouvelle fois de se faire remarquer, et pas de la plus jolie des manières.
Alors que Roselyne Bachelot, Eric Woerth et une poignée de parlementaires s'évertuaient assez courageusement à supprimer l'une des niches fiscales les plus scandaleuses de notre République, le droit à l'image collectif (DIC), lequel exonère de charges sociales les plus hauts salaires de sportifs, Rama Yade s'est posée en « défenseur des sportifs ». En fait, Rama est manipulée par un secteur on ne peut plus corporatiste : les clubs de sport professionnel.
La suppression du DIC est bel et bien une mesure salutaire, le préalable indispensable à une réflexion d'ensemble sur le plafonnement des salaires, appelé « salary cap » dans le monde du sport. Et on ne peut qu'applaudir des deux pieds lorsque Roselyne Bachelot, d'après les propos que lui rapporte le Canard Enchainé, explique qu'un Ministre des Sports, ça n'est « pas là pour caresser dans le sens du poil des sportifs qui gagnent moyenne 40.000 € par mois, ou pour permettre aux footballeurs de se payer des Maserati ou des Porsche ». Bien résumé.
Le plus triste dans cette histoire, c'est la main tendue du PS à Rama Yade. Dans le but d'affaiblir encore davantage Sarko et l'UMP, les socialistes n'hésitent pas à proposer à Rama Yade de rejoindre leurs rangs. Ils oublient un point important : le bilan de la Secrétaire d'Etat aux Sports n'est pas seulement maigre, il est mauvais ; Rama ne jure que par le sport d'élite, qu'elle achève de transformer en sport business, en sport spectacle. AlterSport, dans une précedente chronique l'avait pressenti. Je persiste et signe : Rama joue la carte du sport people, et ne cherche, au travers de ses fonctions, qu'à briller aux côtés des étoiles du stade.
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Rubriques: Rama Yade, salaires-revenus
jeudi 5 février 2009
Plafonnement des salaires, yes oui cannes
Les subventions octroyées par les collectivités locales aux clubs de foot doivent être conditionnées à la mise en place d'un salary cap.
Il est trop fort cet Obama, hop, il profite de son "état de grâce" pour plafonner à 500 K$ annuels le salaire des chefs d'entreprises bénéficiaires du plan anti-crise... Et tout cela en deux temps trois mouvements, bien joué Barack.
Alors, quand allons-nous enfin plafonner les revenus des sportifs professionnels? Reprenons l'argument d'Obama : l'argent du contribuable américain ne doit pas servir à engrosser des dirigeants d'entreprise déjà multi-millionnaires. Cet argument est tout aussi valable dans le sport pro, et dans le foot français en particulier. Les clubs bénéficient de mannes d'argent public, notamment pour la formation de leurs joueurs et pour l'aménagement de leurs stades. Par exemple, la ville de Paris donne chaque année plus de 2 millions d'euros au PSG... Ce n'est pas rien! Alors en ces temps de vaches maigres, il serait immoral de ne rien faire contre l'indécente inflation salariale dans des clubs en partie financés par l'argent public.
Outre-Manche, les footballeurs professionnels dépassent largement le plafond obamesque : la moyenne des revenus, en Premier League, est de 150.000 € par mois! En France, parent pauvre du foot européen, un joueur de Ligue 1 gagne en moyenne "seulement" 47.000 € par mois. Quelle misère! L'UNFP, le syndicat des joueurs français, a beau crier famine, les Français ne s'y trompent pas : 78% d'entre eux, dans un sondage publié par Le Parisien la semaine dernière, estiment que les joueurs de Ligue 1 sont trop payés.
Alors, quelle riposte prépare notre gouvernement? Un plafonnement des salaires de Ligue 1, un salary cap à la française? Eh bien, on sent Laporte et Fillon un peu gênés aux entournures. Parce qu'ils se sont précisément battus, ces dernières années, pour alléger les charges sociales pesant sur les salaires des footballeurs français. En introduction du rapport Besson sur la compétitivité du foot français, en fin d'année dernière, le Premier Ministre écrivait ainsi : "Le coût global des rémunérations des meilleurs joueurs est supérieur en France à celui de l'Angleterre, l'Italie, l'Espagne et l'Allemagne, du fait de notre structure de prélèvements obligatoires. Grâce au dispositif du Droit à l’Image Collective (DIC), que nous vous recommandons de pérenniser, et aux récentes évolutions de la législation fiscale sur les revenus et sur le patrimoine, cet écart défavorable s’est réduit pour se limiter à environ 15 % pour une rémunération "moyenne" comparée aux systèmes sociaux et fiscaux de nos principaux concurrents". Manque de pot, un rapport de la Cour des Comptes, cette semaine, compare le DIC à une "niche fiscale" qui a "donné des résultats peu probants". En clair, le DIC est une mesure inéquitable et inefficace!
Toujours Fillon dans le texte : "Si vous le décidiez, une étude qui porterait sur le coût et l’opportunité d’un étalement du paiement de l’impôt sur le revenu tenant compte de la brièveté de la carrière des footballeurs professionnels pourrait cependant être conduite". Ben voyons, un nouvel aménagement fiscal pour les stars du foot, il ne manquerait plus que cela!
Certes, notre gouvernement, du bout des lèvres, se dit partisan d'un salary cap qui plafonnerait le ratio "masse salariale/chiffre d'affaires" des clubs, comme c'est le cas aujourd'hui en rugby dans le Top 14... Mais pour ce qui concerne le foot, affirme le rapport Besson, cette solution ne pourrait être qu'européenne... Et si l'UEFA a bien un projet dans ses cartons, la Commission européenne freine des quatre fers! Bref, le salary cap européen, c'est pas demain la veille.
Alors, faisons franco-français, simplement et sans atermoiements. Et puisque l'Etat ne fera rien, peut-être que les mairies et les régions, importants bailleurs de fonds des clubs de foot pro, auront le courage d'exiger des comptes. Les subventions octroyées par les collectivités locales aux clubs de foot devraient être gelées jusqu'à la mise en place d'un plafonnement des revenus des joueurs de Ligue 1. Soyons obamesques, directs, efficaces. Yes oui cannes.
PS : Le site web de référence sur le foot et les finances, c'est un site portugais très bien fait, Fuetbol Finance. Ils ont publié aujourd'hui leur nouvelle liste des joueurs les mieux payés. En tête à égalité : Kaka et Ibrahimovich, avec un revenu annuel de 9 millions d'euros ; premier Français : Thierry Henry, avec 7,5 millions ; joueur de Ligue 1 le mieux payé : Karim Benzema 4,5 millions.
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Rubriques: foot, salaires-revenus
vendredi 14 novembre 2008
Rapport Besson : vive le business !
Il faut combler le retard de compétitivité des clubs français, écrit Besson. Et là, le Secrétaire d’Etat à la Prospective n’y va pas par le dos de la cuillère : tous les coups sont permis.
Le secrétariat d’Etat chargé de la prospective, de l’évaluation des politiques publiques et du développement de l’économie numérique (ouf…), c’est ce machin dirigé par Eric Besson, celui qu’on a appelé le « traitre » parce qu’il avait claqué la porte du PS en pleine campagne présidentielle pour rejoindre l’équipe Sarkozy. Et voilà que Besson vient de publier le rapport que lui a commandé Laporte sur la « compétitivité des clubs de football professionnels français ». Vu le personnage (politicien opportuniste, économiste), on ne pouvait pas attendre de Besson qu’il cherche à améliorer l’éthique du foot français. Non, c’est bien de business qu’il s’agit dans ce rapport, de gros sous et quasi uniquement de cela.
J’ai donc lu les 164 pages du rapport, c’est assez instructif. Vraiment, rien à dire sur la qualité technique de ce travail, c’est très pro, très HEC. Mais l’esprit qui l’anime est choquant. Explications.
Le foot français, écrit en substance Besson, est très régulé. La DNCG fait très bien son travail, trop bien presque… Parce que là-bas, chez nos voisins européens et en particulier Outre-Manche, les clubs ont bel et bien les mains libres pour lever des fonds privés, pour s’endetter, pour ne pas payer de taxes sur les salaires des joueurs, bref pour faire du n’importe quoi financier leur permettant d’acheter les meilleurs joueurs du monde… Et ça paie. Le cynisme du capitalisme appliqué au sport pro est ainsi expliqué par des économistes cités dans le rapport : « la régulation a été beaucoup plus légère en Italie, en Angleterre et en Ecosse qu’en France, et les clubs ont eu de ce fait davantage d’opportunités pour faire des erreurs (mais aussi pour rencontrer des succès). C’est peut-être là le paradoxe ultime en ce qui concerne la régulation et le management des ligues sportives. Les ligues les moins régulées ont dépensé plus que les autres en joueurs et ont donc connu plus de succès, comme par exemple les clubs anglais, italiens ou espagnols en Ligue des Champions. ». C’est malheureusement bien vrai. La faute, c’est les autres. Je ne nie pas ce constat. Tant que la Ligue anglaise ne sera pas devenue vertueuse, que la Commission européenne, au nom de « l’arrêt Bosman », continuera à interdire le « 6+5 » (6 joueurs nationaux minimum sur 11 au départ de tout match), et que l’UEFA n’imposera pas un « salary cap » uniforme au niveau européen (plafonnement des salaires de tous les joueurs de foot évoluant en Europe), le foot français restera peu compétitif… Le rapport Besson ne manque pas de rappeler qu’une régulation européenne, voire mondiale, du foot s’impose. Merci pour le rappel, ça ne mange pas de pain.
En attendant, il faut combler le retard de compétitivité des clubs français, écrit Besson. Et là, le Secrétaire d’Etat à la Prospective n’y va pas par le dos de la cuillère : tous les coups sont permis.
1) Premier chantier proposé par le rapport : la construction de stades modernes, propriétés privées des clubs, avec un maximum de loges VIP hors de prix, des billets plus chers pour tous, des boutiques, des hôtels, des feux d’artifice, de la pub partout, (jusqu’au nom même du stade, avec la pratique du « naming » façon Emirates Stadium). Aargh !!! Le sport-spectacle, moi ça me dit moyen, j’ai pas envie de voir des shows sportifs à l’américaine façon NFL.
2) Et on continue. Le rapport Besson souhaite poursuivre sur la voie de la baisse des charges sociales sur les salaires des joueurs, comme il est déjà possible de le faire partiellement via la DIC, récemment remise en question par un sénateur socialiste français. Aargh again !!! Après le bouclier fiscal et les 15 milliards de baisses d’impôts pour les ultra-riches, c’est carrément choquant !
3) Encore et toujours. Le rapport propose de redistribuer différemment les droits télés : moins pour la Ligue 2, moins pour les petits clubs, plus pour les « clubs locomotives » (non, pas le Lokomotiv Sofia, mais plutôt le trio PSG, OL, OM). Donner aux riches, quelle belle idée ! Déjà que la domination de Lyon sur le championnat français a tué tout intérêt à la Ligue 1, mais alors là, donner encore plus d’argent à quelques grands, ce serait clairement de l’iniquité sportive.
4) Renforcer, au sein des clubs, le rôle des « sociétés sportives », véritables entreprises, au détriment des « associations sportives ». Stop, stop, stop, sinon j’adhère au NPA de Besancenot.
5) Le meilleur pour la fin : faire profiter les clubs français de la manne financière générée par l’ouverture des paris en ligne sur le foot ! Eh oui car bientôt, en 2009, on pourra parier sur Internet sur les matchs de Ligue 1 ! Heureuse initiative, bon timing… alors que se multiplient les témoignages de corruption de joueurs, voire d’équipes entières, par des mafias internationales investissant dans les paris sur des matchs de foot en Europe…
On pourrait continuer longtemps. Le catalogue des mesures de dérégulation est impressionnant. Il permettra de « rassurer les investisseurs » et de les encourager à financer des grands clubs français. Bref, il s’agit de faire entrer le foot français définitivement dans le foot business déjà en vigueur chez nos voisins. Quelle alternative y a-t-il me direz vous ? Eh bien… continuer à perdre tout simplement, à jouer les seconds couteaux en Ligue des Champions. Et montrer l’exemple d’une régulation radicale pour pouvoir l’imposer enfin aux Anglais et aux Espagnols.
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Rubriques: foot, salaires-revenus
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