Eh oui les alternautes, depuis plusieurs mois AlterSport vous explique, exemples à l'appui, que le foot est une affaire politique de première importance en Afrique... Eh bien voici un nouvel épisode: il paraitrait que le coup d'Etat au Niger qui tente de renverser le Président Tandja est l'oeuvre du... Président de la Fédération nigérienne de football...
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jeudi 18 février 2010
Coup d'Etat footballistique au Niger
samedi 30 janvier 2010
CAF, the show must go on
La sentence vient de tomber et elle fait l'effet d'une bombe : la confédération africaine de football (CAF) suspend la sélection togolaise pour les deux prochaines CAN et lui inflige 50 000 $ d’amende. La CAF a appliqué scrupuleusement son règlement : un forfait «moins de 20 jours avant le commencement de la compétition» est sanctionné par une suspension pour les deux prochaines éditions. Bing !
Cette décision sonne comme une double peine totalement inhumaine. Rappelons simplement la cause du forfait… Il y a deux semaines, juste avant l’ouverture de la CAN angolaise, le bus de la sélection togolaise de football est attaqué au Cabinda par des séparatistes. Lourd bilan : 2 morts parmi le staff togolais. Sous le choc, les Eperviers laissent planer le doute sur leur participation à la CAN. En coulisse, la CAF recommande au Togo de participer : the show must go on. Les joueurs semblent convaincus… Mais, suivant une injonction de leur Premier Ministre, ils rentrent finalement en avion express à Lomé.
Et c’est bien cela qu’Issa Hayatou reproche officiellement à la Fédération togolaise de football : d’avoir cédé aux pressions des autorités politiques de Lomé. D’avoir renoncé à la sacro-sainte indépendance du monde du football vis-à-vis du monde politique. Le Togo vient déjà d’annoncer qu’il faisait appel de la décision de la CAF. Nul doute que la sanction sera révisée à la baisse. Trop tard : le mal est fait, l’image de marque de la CAF sort très affaiblie de cette histoire, quelques mois avant le début de la première Coupe du Monde sur le continent…
En fait, le différend entre la fédération togolaise de foot et la confédération africaine est bien plus ancien. Rappelez-vous un de mes précédents posts : il y a deux ans, la CAF suspendait Tata Avlessi, le président de la Fédé togolaise de foot, pour une sombre histoire de match truqué et d’achat d’arbitre. Mais Avlessi avait ensuite obtenu gain de cause auprès du Tribunal Arbitral du Sport de Lausanne. La haine entre Tata Avlessi et Issa Hayatou est tenace. Le manque de compassion ahurissant dont a fait preuve la CAF dans l’affaire du Cabinda est peut-être aussi le résultat de cette longue rancœur personnelle.
L’isolement dans lequel évolue le mouvement sportif international saute désormais aux yeux : la FIFA, la CAF, et le CIO, entre autres, vivent dans des tours d’ivoire. Ils ont perdu tout contact avec les valeurs humanistes qu’ils sont censés défendre… Ces institutions revendiquent leur indépendance vis-à-vis du monde politique, car elles ne veulent pas rendre de comptes. Vendues aux sponsors privés et commerciaux, tombées sous leur dépendance, elles veulent continuer à prospérer en toute impunité. Ce n’est plus tenable. Il faut aujourd’hui mettre le mouvement sportif sous tutelle politique, comme un malade qui n’est plus en mesure de se prendre en charge seul.
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mardi 19 janvier 2010
Le droit de regarder le foot est sacré
Vous avez remarqué tous les Africains qui se pressent dans quelques bars des quartiers populaires sur les coups de 18 heures ? Les rares limonadiers qui ont investi dans la chaine Orange, la seule autorisée à diffuser en France les matchs de la CAN, font de jolies recettes en ce moment !
C’est en effet un véritable scandale qu’Orange, une chaine quasi inexistante, ait acheté en exclusivité les droits de retransmission d’une compétition aussi populaire que la CAN. Et alors qu’au pays les chaines nationales maliennes ou ivoiriennes diffusent bel et bien les matchs, ces mêmes chaines, lorsqu’elles sont hébergées sur le bouquet africain de chez Free, se voient coupées d’antenne les soirs de matchs. Dommage pour les Africains de France qui payent pas loin de 10 euros par mois pour avoir ce bouquet et qui n’ont pas droit à l’intégralité des programmes diffusés…
En Egypte, la situation est pire encore ! C’est Al Jazeera qui a obtenu les droits de retransmission, et rares sont les Egyptiens à être équipés du décodeur qui permet de ce voir cette chaine. Al Jazeera a proposé de partager ses droits avec la télé publique égyptienne pour la modique somme de 10 millions de dollars ! Scandale national dans un pays où le peuple oublie ses soucis en hurlant son amour pour les Pharaons. Résultat des courses : un responsable de l’université islamique d’al-Azhar a édicté une fatwa permettant de recourir au piratage pour suivre la CAN.
Et si dans 10 ans, dans 20 ans, Google ou un autre géant des médias obtient le monopole de diffusion de la Coupe du Monde, en faisant payer sa retransmission, que fera-t-on ? On convoquera le conseil de sécurité de l’ONU ?
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samedi 5 décembre 2009
Tobin or not Tobin
L'UNESCO propose de lever une mini-taxe sur les ligues et la FIFA pour financer l'éducation pour tous. C'est bien. Une véritable taxe Tobin sur les transferts, ce serait encore mieux.
La cérémonie du tirage au sort a donné le ton : la prochaine coupe du Monde promet d'être un délire ultra-sécurisé de paillettes et de sponsors. On sera pourtant dans l'un des pays les plus inégalitaires du monde, l'Afrique du Sud, et on fera tout pour cacher la misère sociale dans les townships périurbains ou les villages isolés du pays. Le contraste est flagrant.
La Coupe du Monde est une occasion en or pour demander aux richissimes instances du foot, FIFA et UEFA en tête, de contibuer un peu à la solidarité internationale, en particulier en direction du continent africain.
C'est l'UNESCO qui a tiré la première : elle demande l'instauration d'une taxe de 0,4% sur les recettes publicitaires que collectent la FIFA et les 5 principales ligues nationales de foot (Angleterre, Italie, Espagne, Allemagne, France). Les revenus de ce nouvel impôt seraient destinés à renforcer l'éducation en Afrique. Il rapporterait quelque 48 millions de dollars par an.
La Fifa fait un peu la gueule. Là il s'agit de payer, de passer aux actes. Fini pour la FIFA le temps où elle se contentait d'amuser la galerie avec la campagne One Goal, une espèce de tour d'honneur de stars du foot et show biz en faveur de l'éducation pour tous. La Premier League n'est pas plus emballée... Mais je sens qu'il y en a un qui va saisir la balle au bond, c'est notre Frédo Thiriez national. Ca ne métonnerait pas que l'avocat de la Ligue 1 nous livre un discours enflammé sur les rapports Nord-Sud, et qu'en contrepartie de son engagement à adopter la taxe UNESCO, il en appelle à nouveau à alléger les charges fiscales sur les joueurs de foot évoluant en France. Bref, la taxe UNESCO passera en France, mais la Ligue en profitera pour exiger un rétropédalage sur le Droit à l'Image Collectif (DIC), cette niche fiscale pour footballeurs millionnaires supprimée à fort juste titre il y a quelques semaines. Ce serait un comble, mais c'est un scénario plausible.
Pourtant l'UNESCO met les formes, elle minimise, elle parle de prélèvement(«levy») et pas de taxe, comme si ce terme était honteux... Dans l'idée de l'organisation onusienne, il s'agit de financer l'un des 8 Objectifs du Millénaire pour le Développement (la scolarisation universelle en 2015) et non pas de réguler le foot. C'est ce qu'on appelle un financement innovant, à l'image de la taxe sur les billets d'avion qui permet aujourd'hui d'acheter des médicaments contre le sida, le paludisme et la tuberculose. Dans le milieu de la solidarité internationale, une autre idée, proche de celle de l'UNESCO, est en train de faire son bonhomme de chemin : une taxe sur les transactions financières. Dans l'un comme dans l'autre cas, il s'agit de taux de prélèvement minimes (0,4% des recettes pour la taxe UNESCO/FIFA, 0,005% des transactions financières pour la taxe proposée par Kouchner), bref d'une imposition relativement indolore. On est loin de l'idée de la fameuse taxe Tobin qui a elle pour objectif de dissuader la spéculation par des taux d'imposition élevés. Dans le cas des projets UNESCO et Kouchner, on est dans la charité, pas encore dans la régulation.
Pourtant, on le sait et on le répète, le foot mondial est une bulle spéculative qui a résisté à la crise financière. 94 millions d'euros pour le transfert de Christiano Ronaldo au Real, avec à la clé un endettement intenable pour le club madrilène, si ça ça n'est pas de la spéculation, c'est que je n'y comprends plus rien. Mais de taxe Tobin sur les transferts, personne n'en parle. Elle est pourtant souhaitable et faisable : on pourrait envisager que la plus-value sur la revente d'un joueur soit lourdement taxée au moyen d'un impôt à taux progressif. Ce serait dissuasif et régulateur. C'est d'autant plus faisable que le marché des transferts, a défaut d'être transparent, est très visible. L'évasion fiscale serait difficile.
La lutte contre la pauvreté a besoin de financements innovants. Le projet UNESCO proposé à la FIFA s'inscrit dans ce cadre. Très bien. Mais la régulation du foot business, elle, passe par des politiques fiscales et salariales plus dures : le plafonnement des salaires (salary cap) d'abord, régulièrement évoqué, jamais appliqué ; le maintien d'une fiscalité nationale de droit commun sur les salaires des sportifs (=pas d'exemptions fiscales pour les joueurs de foot au prétexte qu'ils seraient des artistes d'exception ou je ne sais trop quoi) ; et une taxation lourde des excès du mercato, au moyen d'une sorte de taxe Tobin sur les plus-values générées par les transferts de joueurs.
Je rêve, je sais, je ne me nomme pas AlterSport pour rien.
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Rubriques: Afrique, foot, salaires-revenus
jeudi 26 février 2009
CHAN, une CAN au rabais?
Cette nouvelle compétition est un aveu d'impuissance : les stars africaines du foot retournent de moins en moins souvent au pays montrer leur talent.
Vous avez admiré avant-hier les dribbles de Kader Keita lors d'OL-Barça? Et vous avez vu hier le but de Didier Drogba pendant Chelsea-Juventus? Les fans Ivoiriens eux aussi vibrent toutes les semaines, devant leur télé, aux exploits de leurs meilleurs joueurs nationaux expatriés en Europe... Mais ils n'ont que très rarement l'occasion de les voir en vrai sur un stade... Les stars africaines du football retournent de moins en moins souvent au pays natal montrer leur talent.
On le sait, le foot africain, par manque de rentabilité, est le parent pauvre de la FIFA. Les fédérations africaines de football n'ont même plus les moyens de convoquer leurs joueurs nationaux au pays pour des matchs de préparation... Depuis plusieurs années, les matchs amicaux des équipes nationales africaines ont lieu en Europe! Comprenez le bien : les clubs européens qui possèdent des stars africaines n'ont pas envie de les voir partir plusieurs jours pour un long périple en avion et de les voir courir sur des pelouses de qualité très moyenne où le risque de blessures est accru.
Ce mouvement de délocalisation des matchs amicaux des équipes nationales n'est pas propre aux sélections africaines : les équipes d'Amérique latine, de plus en plus elles aussi, jouent leurs matchs amicaux en Europe... Mais dans leur cas, c'est plus subtil : il s'agit d'affronter des équipes nationales européennes à l'extérieur (France – Equateur et plus récemment France – Argentine au Stade de France).. Dans le cas de l'Afrique, la délocalisation des matchs amicaux en Europe est totale : même les matchs amicaux entre sélections nationales africaines ont lieu en Europe. Par exemple, c'est au stade Robert-Bobin de Bondoufle (91) que le Cameroun a battu la Guinée le 11 février dernier, en match préparatoire des prochains éliminatoires CAN-Coupe du Monde. Eto'o à Bondoufle, ça valait le déplacement!
Alors pour lutter contre la raréfaction des matchs internationaux sur le continent africain, la Confédération Africaine de Football (CAF) a eu l'idée de créer une nouvelle compétition : le CHAN, le Championnat d'Afrique des Nations. Son originalité : faire s'affronter des équipes nationales composées exclusivement de joueurs évoluant dans un club de leur pays! Aucun expat', que des locaux! Des équipes B en quelque sorte, composées de joueurs restés au pays. La première édition de le CHAN a lieu actuellement en Côte d'Ivoire. Issa Hayatou, le Président de la CAF, et le Président Gbagbo, l'hôte du championnat, répètent que cette nouvelle compétition présente la vivacité du football d'Afrique tel qu'il est pratiqué toutes les semaines sur les stades du continent. L'idée est intéressante. Il est vrai qu'avec l'expatriation de plus en plus précoce des stars africaines de football, le foot africain, comme le foot yougoslave ou le foot sud-américain, a tendance à perdre sa spécificité, sa «culture»... Le style de jeu, à l'échelle mondiale, est de plus en plus uniformisé. Une compétition comme le CHAN pourrait permettre de revitaliser un football africain «endogène» et de valoriser un style de jeu local éloigné des consignes standardisées des grands clubs européens...
Mais ne rêvons pas, le CHAN ne passionne pas grand monde... L'engouement des Ivoiriens est assez limité... Seuls 5000 spectateurs ont assisté à Bouaké aux matchs Ghana–Zimbabwe et RDC-Lybie. Et le mauvais résultat des Eléphants en match d'ouverture (défaite 3-0 face à la Zambie) n'arrange pas les choses...
Alors ce CHAN a-t-il un avenir? Espérons le, mais ce n'est pas sûr... Cette compétition, aussi louable soit elle, est d'abord un aveu d'impuissance : pâle succédané de la CAN, le CHAN confirme un peu plus que la migration des stars africaines du football est un phénomène durable.
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mardi 9 décembre 2008
Eperviers du Togo : la chasse est ouverte
L’affaire Avlessi, avec ses zones d’ombres, confirme que les petites nations d’Afrique sont une proie facile pour les tricheurs du foot mondial.
Ce 9 décembre, c’est la journée mondiale de lutte contre la corruption. J’ai du mal à choisir un exemple pour illustrer l’importance de ce fléau dans le sport moderne… Corruption des membres du CIO pour l’attribution des JO (corruption avérée pour les Jeux de Salt Lake City, corruption soupçonnée pour quasiment tous les autres JO sous Samaranch)… Corruption des juges de patinage artistique (ou plutôt « arrangements » entre voisins géographiques)… Le choix est si vaste…
Ces faits sont déjà largement documentés et je préfère donc évoquer aujourd’hui, sur ce sujet sensible et polémique, le sort d’un petit pays de football dont on parle peu : le Togo, classé 121ème sur 180 au classement international de la corruption publié par Transparency International et 91ème sur 207 au classement FIFA.
Pourquoi le Togo ? Car une guerre des clans, sur fond de scandale de trucage de match, fait rage au niveau de la Fédération Togolaise de Football (FTF)… 3 fortes têtes briguent le fauteuil de Président de la Fédé…
Rock Gnassingbé d’abord. Ancien Président de la FTF au moment de la qualification historique du Togo pour la Coupe du Monde 2006, Rock n’est autre que le fils du défunt Président de la République (Gnassingbé Eyadema, grand ami de Mitterrand et de Chirac) et donc frère du présent Président de la République (Faure Gnassingbé, bon pote de Sarko). Vous m’avez suivi ? Retenez que Président de la Fédé de foot, au Togo, est un poste hautement stratégique : les plus hauts membres du clan Gnassingbé/Eyadéma, au pouvoir au pays depuis 1967, cherchent à s’y placer ! Le principal problème de Rock, c’est qu’il était aussi en poste lors du calamiteux Mondial 2006 et qu’il n’avait pas pu enrayer la descente aux enfers des Eperviers : démission de l’entraîneur Otto Pfister quelques jours avant le premier match face à la Corée du Sud, menace de grève des joueurs en plein Mondial, résultats sur le terrain catastrophiques, soupçons d’émigration clandestine de faux supporteurs togolais en Allemagne etc. La seule chance de gagner aujourd’hui pour Rock ? Emerger en homme providentiel, après une lutte fratricide entre les 2 autres candidats.
Le favori est l’actuel Prési, et candidat à sa propre succession, l’illustre Tata Avlessi. Homme d’affaires dans le civil. Originaire d’un tout petit village, Masseda, où il a fait construire un stade de plusieurs milliers de places ! L’Union Sportive de Masseda, son joujou, est une espèce d’Hoffenheim togolais. Tata Avlessi a les faveurs des stars l’équipe nationale : Emmanuel Adebayor a même refusé récemment de jouer un match amical avec les Eperviers au prétexte qu’Avlessi n’était pas présent dans les tribunes. Le problème, c’est que Tata Avlessi est le principal accusé dans une sombre affaire de corruption de match. Les faits se déroulent en 2007 à Lomé. Il s’agit du match Togo-Tunisie de la CAN des moins de 17 ans. Tata Avlessi aurait fait remettre la somme de 1.100.000 CFA (à peine plus de 1500 €) à l’arbitre gambien du match pour que celui-ci aide le Togo à gagner. Somme remise par l’intermédiaire d’un arbitre togolais, magistrat dans le civil ! Manque de pot, le Togo a perdu le match, en plus l’arbitre gambien en a parlé à son assistant et l’affaire est remontée jusqu’à la Confédération Africaine de Football (CAF), laquelle a suspendu Tata Avlessi de ses fonctions de Président de la FTF. Tata a fait appel auprès du Tribunal Arbitral du Sport de Lausanne. Il se dit victime d’une machination, d’un règlement de comptes de ses opposants à la FTF. Compte tenu de la confusion de la situation et des vices de procédures successifs, il a été rétabli dans ses fonctions. Il faut lire le PV du Tribunal. Les faits sont rocambolesques. Des enveloppes de billets atterrissent dans une chambre d’hôtel, des témoins se contredisent, reviennent sur leurs propos… On est en plein film de gangsters. Tout ça pour à peine 1500 € et un match de poule de CAN des moins de 17 ans, rappelons le.
Dernier challenger en lice : Ameyi Komlan Gabriel, actuel Vice-Président de la FTF. A Lomé, on dit qu’il tire de nombreuses ficelles. Un homme de l’ombre en quelque sorte… C’est l’ennemi juré de Tata Avlessi. Il espère bien cette fois ci occuper le fauteuil de Président de la Fédé, après Rock et Tata…
Pour bien comprendre les tenants et les aboutissants de cette lamentable lutte de clans, sur fond de corruption, il faudrait en fait, pensent certains, regarder du côté de la Confédération Africaine de Football. Tata Avlessi est en effet un soutien de l’Ivoirien Jacques Anouma, principal challenger d’Issa Hayatou, l’inamovible président camerounais de la CAF. Les prétendues manœuvres contre Tata Avlessi, pensent de nombreux observateurs à Lomé, seraient dirigées par l’actuel patron du foot africain, qui jouit d’un pouvoir sans partage, à tel point qu’aucun autre candidat ne se présentera contre lui lors du renouvellement des instances de la CAF en 2009.
Vous avez compris ? C’est pas simple le foot togolais, c’est un peu comme la politique de ce pays, ça manque singulièrement de transparence démocratique.
Si tout se passe bien, résultat des urnes le 18 janvier. Mais la semaine dernière, la FIFA a contesté les listes constituées par les candidats, car certains soutiens figuraient sur plusieurs listes à la fois… Le nouveau Président de la FTF aura en tout cas fort à faire. Pour l’instant, les Eperviers sont sans entraîneur. Sans entraîneur, mais avec pas moins de 3 dirigeants prêts à s’entretuer pour s’asseoir sur le pactole de la Présidence de la Fédération.
En 2006, quelques jours avant ce fameux France-Togo, décisif pour la France, et sans enjeu pour les Eperviers, des amis togolais m’avaient expliqué qu’il n’y aurait pas de match. Que le 2-0 nécessaire à la qualification des Bleus était écrit d’avance. On ne parlait que de ça dans les restos de Lomé, aux "Brochettes de la Capitale", au "Fifty-Fifty" ou ailleurs... Ca m’avait fait sourire. Mais récemment, le livre de Declan Hill sur le trucage des matchs du Ghana (voisin du Togo) à la Coupe du Monde m'a à nouveau fait douter... Et si France-Togo avait également été truqué ? Etait-ce possible ? Je ne veux même pas l’imaginer… L’affaire Avlessi, avec ses zones d’ombres, confirme en tous les cas que les petites nations d’Afrique sont une proie facile pour les tricheurs du foot mondial.
PS : sur la photo, je suis aux côtés de Miss Togo, rencontrée à Ouagadougou en décembre 2001 ! J’espère que son élection à elle n’avait été entachée d’aucun soupçon !
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Rubriques: Afrique, arbitrage, corruption, foot
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